| LES GRANDS PENSEURS |
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CARL GUSTAV JUNG (1875-1961)
Psychanalyste suisse, il naît le 26 juillet 1875 à Kesswil en Suisse. Il fait ses études de médecine et se spécialise en psychiatrie. Il rencontre Sigmund Freud en 1907 et devient un de ses disciples jusqu'au jour où leurs perceptions divergent fortement en 1912 où Carl Jung se sépare de Sigmund Freud. Jung découvre la puissance et la vastitude des inconscients collectifs en explorant les couches les plus profondes de l'inconscient au risque même de s'y perdre. Il racontera ses plongées dans les symboles archaïques dans son livre magnifique « Ma vie », écrit quand il avait 83 ans. Il n'avait donc plus rien à perdre à se livrer entièrement. Il présente ce livre en ces termes : « Ma vie est l'histoire d'un inconscient qui a accompli sa propre réalisation ». Dans son cheminement intérieur et dans ses recherches foisonnantes, Jung rencontre la mythologie, l'alchimie, et étudie la relation psychique féminine de l'homme qu'il nomme anima et masculine de la femme qu'il nomme animus. Il apporte des notions nouvelles sur la classification des types psychologiques. Il développe une analyse des rêves. Jung différencie l'inconscient personnel de l'inconscient collectif, ou inconscient impersonnel, constitué d'archétypes. Il développe aussi les concepts du Soi et d'individuation, stade final de l'analyse Jungienne. Jung et l'art-thérapie: Il a travaillé le dessin à travers l'exploration du mandala: voici un extrait d'un de ses articles sur une expérience du processus d'individuation à travers une analyse construite autour de dessins de mandalas réalisés par une patiente : "..Dans ce travail, j'ai essayé, en tâtonnant, de faire comprendre ce qui se passe à l'intérieur du mandala. Ce qui s'y passe, en effet, constitue pour ainsi dire l'illustration de changements obscurément ressentis en deçà de la conscience, perçus par l'œil « retourné vers l'intérieur » et rendus visible par le crayon et le pinceau, tels qu'ils se représentent, échappant à la compréhension et à la connaissance . Ces images sont quelque chose comme les idéogrammes de contenus inconscients. J'ai naturellement appliqué cette méthode aussi à moi-même, et je puis assurer qu'il est en effet possible de peindre des images compliquées sans savoir le moins du monde quel en est le contenu réel...." Extrait de " L'Ame et le Soi, Renaissance et individuation " Carl Gustav Jung, édition Albin Michel. ROBERTO ASSAGIOLI (1888-1974)
Roberto Assagioli était un penseur, un grand sage du XX ème siècle qui s'est complètement investi dans le travail consistant à faire connaître une nouvelle forme de pensée en psychologie : "la psychologie transpersonnelle". Assagioli était un être qui s'était focalisé sur la quête de la sagesse. Il a baigné dans la symbolique très tôt. Assagioli cultivait ce qu'on appelle l'impersonnalité, qualité de celui qui est détaché de la reconnaissance et de la réussite que cherche à obtenir toute personnalité scientifique ou créatrice, en général. Il s'est consacré exclusivement à présenter une forme nouvelle de psychologie axée sur le sublime des êtres, sur la présence dans la psyché d'un supraconscient : Il s'est donc orienté sur l'écriture de nombreux articles réunis dans différents livres aujourd'hui épuisés : « Le Développement Transpersonnel », « Principes et techniques de la Psychosynthèse », « la Volonté libératrice ». Il a fondé de nombreux centres de Psychosynthèse dans le monde entier. ABRAHAM MASLOW (1888-1974)
Abraham Harold Maslow est un précurseur de la psychologie des qualités et du sublime. D'origine juive de Russie, il fut l'aîné d'une fratrie de sept enfants. Solitaire, il se réfugia dans les livres. Il étudia tout d'abord le droit à New York. Il épousa Bertha Goodman et eut deux filles.
Abraham Maslow est très populaire pour avoir explicité sa vision de l'évolution de la conscience humaine à travers le schéma d'une pyramide des besoins. Ce schéma démontrait que les êtres humains ne peuvent accéder à certaines aspirations ou désirs qu'après que leurs besoins fondamentaux d'abord physiques, puis émotionnels, puis mentaux n'aient été assouvis. Ce travail a été beaucoup utilisé en entreprises. Mais la pyramide des besoins révèlent surtout l'existence, chez les êtres dont les besoins fondamentaux ont été comblés, de méta-besoins : besoin de connaissances, de sentiment d'appartenance à une dimension plus vaste de l'univers, besoin d'accomplissement et de compréhension du sens de l'existence. Maslow a surtout voulu démontrer que l'humain, une fois qu'il a pu se libérer de ses besoins de survie, devient un être social qui s'ouvre à l'estime et la compréhension des autres, et peut enfin se réaliser à la fois socialement mais aussi spirituellement. Sa pyramide des besoins se présente ainsi :
Auto réalisation Estime, respect de soi et des autres Socialisation dans l'amitié, l'échange, l'affection Securité amenée par la protection morale et physique Survie : besoins physiologiques : manger, boire et dormir, etc ... Les êtres ne peuvent accéder à cette Réalisation sans avoir d'abord eu les autres besoins comblés. Mais une personne qui est sécurisée, satisfaite, qui s'estime pleinement, qui s'est guérie de ses manques, a soif d'autres réalisations. C'est là que pour croître, elle a besoin de faire appel à une psychologie qui porte à la croissance, une psychologie des qualités. Le dernier livre de Maslow qu'il a écrit juste avant sa mort, est paru en France aux éditions Eyrolles en 2006 . ''Etre Humain : la nature humaine et sa plénitude '' réunit les résultats de ses recherches et ses intuitions majeures sur les potentialités positives de la nature humaine. Sa philosophie insiste sur l'épanouissement de l'Etre et ses valeurs ontiques (La vérité, le bien, la beauté, la complétude, la justice, la simplicité, la fluidité...). Elles le conduisent à s'interroger sur ce que signifie « Etre complètement humain » . La psychologie évolutive et l'art-thérapie évolutive® que nous enseignons à l'Ecole PLENITUDE se relie à l'école philosophique et psychologique de Maslow. ERICH FROMM (1900-1980)
« Vivre, c'est naître sans cesse » Ce philosophe humaniste juif allemand a prôné les valeurs de l'Amour comme seule alternative à la destruction de l'humanité. Il a étudié le mécanisme psychique poussant certains êtres à la morbidité, à la souffrance que, dans son livre « La passion de détruire, anatomie de la destructivité humaine », il a appelé « nécrophilie », pulsion de mort, les distinguant d'autres, les « biophiles », aimant pleinement la vie et la rayonnant. Il étudie la psychanalyse, Bouddha, Marx, Freud. Comme Assagioli, Fromm réunit des pensées complémentaires. Dans sa toute jeunesse, il fait des études de psychologie, de philosophie et de sociologie à Heidelberg, puis suit les cours de l'Institut psychanalytique de Berlin. En 1930, il est psychanalyste praticien et professeur à l'Institut de Recherches Sociales à l'université de Francfort. En 1934, il émigre vers les Etats-Unis où il continue d'enseigner à l'Université de Columbia, à New York. En 1949, il s'installe à Mexico. Il travaille à l'université jusqu'à sa retraite en 1965, puis il se consacre à l'écriture. Il s'est engagé dans l'action pour la paix et fut l'un des fondateurs de la SANE, le plus important mouvement pacifiste américain contre la course aux armements atomiques et la guerre du Vietnam. Il a beaucoup réfléchi sur les théories freudiennes et les a remises en question (voir son livre: « Grandeur et limites de la pensée freudienne », éditions Robert Laffont, collections Réponses.) Fromm a parlé avec son cœur, avec sa foi, et a proposé aux hommes de remettre en question « la société de l'Avoir » pour s'engager sur le chemin de « l'Etre ». « S'il est vrai, comme j'ai tenté de le montrer, que l'amour est la seule réponse saine et satisfaisante au problème de l'existence humaine, alors toute la société qui contrecarre le développement de l'amour doit à la longue périr de sa propre contradiction avec les exigences fondamentales de la nature humaine. Non, parler de l'amour ce n'est pas « prêcher », car c'est parler d'un besoin ultime et réel en chaque être humain. » « La foi dans la possibilité de l'amour comme phénomène social, et non comme phénomène individuel d'exception, est une foi rationnelle qui se fonde sur l'intuition de la véritable nature de l'homme ». ( Erich Fromm, « L'Art d'aimer », conclusion du livre, éditions Desclée de Brouwer) |